Suisses de l'étranger

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30000 départs par année, une population impressionnante, l'équivalent de villes comme Sion, Neuchâtel ou Fribourg... Que de rêves, que de risques, que d'aventures ce chiffre représente!

Cap au large! Cet appel, les Suisses ont de tout temps été nombreux à l'entendre, pour essaimer régulièrement, au cours des siècles, aux quatre coins de l'Europe, puis du monde.

620000 personnes singulièrement entreprenantes et dynamiques, comme le sont en principe les émigrés.

Depuis 1964, le chiffre des partants est redevenu supérieur à celui des rentrants. Avant d'exploser.

La diaspora suisse est particulièrement discrète (En Suisse) !

Longtemps dotés d'une réputation de perdants, de gens incapables de réussir dans leur patrie, les Suisses de l'étranger ont vu, de plus, leur image changer du tout au tout. Dans le monde globalisé d'aujourd'hui, ils sont considérés comme des personnes souples et courageuses, capables de saisir les occasions où qu'elles se trouvent et susceptibles de rentrer un jour au pays «riches d'expériences, de connaissances et de relations nouvelles». Dès lors, ils sont choyés aussi bien par les autorités politiques, qui les considèrent comme des ambassadeurs, que par les entreprises, qui voient en eux d'intéressantes têtes de pont vers les marchés étrangers

Pour qui désire améliorer quelque peu son quotidien en dénichant de nouvelles terres ou de nouveaux emplois, elle présente un territoire trop étriqué et des villes trop modestes. Changer de vie exige de la fuir.


Soldats

Classés parmi les meilleurs soldats - et officiers - du continent, ils seront des siècles durant un million à s'expatrier, à servir tous les princes, à livrer toutes les batailles, pour le meilleur et pour le pire.

Henri Bouquet, de Rolle, se distinguera outre-Atlantique comme précurseur de la guerre biologique en faisant distribuer aux populations amérindiennes, durant sa campagne contre le chef de guerre des Outaouais, Pontiac, en 1764, des couvertures imprégnées de variole.

Les Suisses ont essaimé pour exercer toutes les professions, des plus prestigieuses aux plus humbles, conseillers des princes et bergers, gouverneurs et métayers, savants et ramoneurs. Certains sont restés dans les mémoires comme des individus hors du commun, à l'instar de nombreux artistes, de l'écrivain Germaine de Staël tenant salon à Paris à l'architecte Charles Edouard Jeanneret (plus connu sous le nom de Le Corbusier) révolutionnant son métier aux quatre coins de la planète.

«Ce sont rarement les plus pauvres qui s'en vont, mais les mieux préparés à saisir leur chance»

Ce qui amène les hommes à quitter leur pays est la découverte de meilleures opportunités économiques sous d'autres cieux et le sentiment de pouvoir en profiter. Ce sont en fait rarement les plus pauvres qui émigrent, mais les mieux préparés à saisir leur chance. Les Suisses qui s'expatrient aujourd'hui le font parce qu'ils pensent trouver mieux ailleurs, pas parce que la misère les empêche de rester

à plus d'une époque l'émigration suisse à l'étranger a été compensée par une immigration étrangère en Suisse.

Et la Suisse en a profité pour participer à la conquête européenne du monde, en contribuant, à travers ses soldats, ses missionnaires, ses marchands et ses colons, à chacune des phases de cette grande entreprise de spoliation de terres indigènes. Le pays n'a jamais été une île, plutôt la pièce d'un puzzle.