Ségolène et positions

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L'UMP a d'autant plus besoin d'entrer frontalement dans la campagne et de se montrer uni que Ségolène Royal est une rivale dangereuse pour Nicolas Sarkozy. Pour Patrick Jarreau, rédacteur en chef du Monde, Mme Royal et M. Sarkozy expriment tous deux la volonté de "rénover le rapport avec les citoyens et la manière de faire de la politique". Toutefois, analyse-t-il, "Ségolène Royal a pris une forte avance dans la façon de faire vivre la démocratie partisane. Le contrôle exercé par Nicolas Sarkozy sur son parti pourrait lui nuire auprès d'une grande partie de l'opinion". Comment va se positionner le parti majoritaire pour se distinguer d'une candidate qui n'hésite pas à s'affranchir du traditionnel clivage gauche-droite ?

UN COMBAT DE "CHEFS"
Autre interrogation : comment la droite va-t-elle pouvoir contrer une femme sans se faire accuser de machisme ? Pour la politologue Mariette Sireau, du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences Po), "la façon dont la droite a attaqué Ségolène Royal sur son incompétence, sur ses soi-disant erreurs, montre l'extrême danger qu'elle représente pour son concurrent de droite et, probablement, de la part de Nicolas Sarkozy, une vraie difficulté à affronter une femme". La chercheuse rappelle que "l'élection présidentielle est traditionnellement un 'combat de chefs' avec toute la connotation guerrière qui va avec".A l'UMP, qui a prévu de présenter 30 % de candidates aux législatives de juin 2007, contre 50 % pour le PS, on est conscient de la difficulté. "C'est une femme, elle en use et en abuse puisque [c'est] son principal slogan", reconnaît Patrick Devedjian. Le député UMP des Deux-Sèvres, Dominique Paillé, est de cet avis. Pour lui, l'UMP devra "démontrer la vacuité de la pensée et des propositions de Ségolène Royal, ses insuffisances face au job qu'elle prétend vouloir assumer, sans pour autant tomber dans le travers de la caricature et de l'agression".

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La Ligue communiste révolutionnaire a envoyé un message vendredi : le choix de Mme Royal "ne peut que renforcer la nécessité d'une candidature anticapitaliste à la présidentielle de 2007, candidature ne développant aucune illusion de convertir le Parti socialiste à l'antilibéralisme, et donc claire sur le refus de toute alliance gouvernementale ou parlementaire avec le PS", a affirmé l'organisation trotskiste. Son candidat, Olivier Besancenot, refuse de participer directement aux négociations sur un candidat unitaire et accuse le PCF de rester un allié du PS, notamment dans les élections locales.

"Suite à la situation nouvelle créée à gauche par la désignation de Ségolène Royal comme candidate du Parti socialiste", les communistes ont décidé de réunir lundi leur conseil national pour discuter de "la responsabilité du PCF". A chaud, jeudi, la candidate désignée par les communistes pour briguer l'investiture unitaire antilibérale, Marie-George Buffet, avait dénoncé vendredi les prises de positions de Mme Royal qui "traduisent et même confirment l'aggravation d'une orientation politique préoccupante du PS". Elle a appelé à des "initiatives fortes" pour le rassemblement de "toutes les sensibilités de gauche" dans la perspective de la présidentielle. Le moment est crucial, car les collectifs unitaires n'ont toujours réussi à résoudre leur principal dilemme : trouver un candidat.