Le plébiscite Royal

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Le plébiscite Royal
Les militants socialistes ont désigné avec 60,62% des voix Ségolène Royal candidate à l'élection présidentielle française lors de la primaire interne pour l'investiture qui s'est déroulée hier soir.
Opposée à Dominique Strauss-Kahn (20,83%) et Laurent Fabius (18,54%), la présidente du Poitou-Charentes a été élue dès le premier tour par les 220'000 militants du parti socialiste.
Vendredi 17 novembre 2006 06:30
LeTemps.ch avec agences
Ségolène Royal, la septième femme française candidate à l'Elysée. (Keystone)

Ségolène Royal, 53 ans, a été désignée comme la candidate des socialistes français à la présidentielle de 2007, remportant haut la main et dès le premier tour le vote réservé jeudi aux 220'000 militants du parti.
Elle devient ainsi la première femme à avoir des chances réelles de devenir présidente en France.

«Extraordinaire»
Selon un résultat officiel, Mme Royal a obtenu 60,62% des suffrages, loin devant l'ancien ministre de l'Economie Dominique Strauss-Kahn (20,83%) et l'ex-Premier ministre Laurent Fabius (18,54%). Dans une première réaction, Mme Royal a fait part de son "bonheur". "Je mesure aussi le fait de recevoir cet élan, d'être choisie de cette façon là. C'est quelque chose d'extraordinaire", a-t-elle déclaré depuis son fief de Melle, dans l'ouest de la France, promettant de ne pas décevoir ceux qui l'ont choisie.

En position de force
"L'heure est au rassemblement" a-t-elle immédiatement ajouté après six semaines d'une primaire inédite en France, avec des débats télévisés ou devant les militants qui ont parfois pris un tour houleux. Les camps de MM. Strauss-Kahn et Fabius ont eu aussi rapidement appelé au rassemblement derrière Ségolène Royal "pour battre la droite".

Sa nette victoire lui permet d'aborder en position de force la campagne présidentielle alors que, selon les sondages, elle ferait jeu égal lors d'un éventuel second tour avec le grand favori à droite, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Quelque 4'000 bureaux avaient été installés jeudi dans les locaux des sections socialistes, des mairies, voire dans des cafés dans les petites communes. Le vote a été marqué par une forte participation, d'environ 82% des inscrits. L'une des inconnues du scrutin résidait dans le choix des 70'000 nouveaux adhérents qui ont afflué au parti ces derniers mois et qui semblent avoir largement penché en faveur de Mme Royal.

Le renouveau
Mère de quatre enfants, plusieurs fois ministre et présidente de la région Poitou-Charentes (ouest), Ségolène Royal a abordé de front durant la campagne certains sujets réputés tabous dans son parti.
Sourire accroché aux lèvres, soignant son image de femme élégante, elle a réussi à incarner une forme de renouveau en prônant l'avènement d'une "démocratie participative".

Elle a accordé une large place aux questions de société et à l'écologie, tout en adoptant des positions parfois jugées proches de la droite par ses détracteurs sur des thèmes liés à la sécurité et à l'immigration. Elle s'est prononcée par exemple pour un "encadrement militaire" de certains jeunes délinquants dans le cadre de missions "humanitaires", ou pour la création de "jurys citoyens" chargés d'évaluer l'action des élus.

Se rassembler
De son côté, Dominique Strauss-Kahn, 57 ans, s'était présenté en porte-drapeau d'une vision "réaliste" et résolument "social-démocrate". Laurent Fabius, 60 ans, tenant du non lors du référendum sur la Constitution européenne en mai 2005, avait défendu jusqu'au bout son ancrage à gauche et son opposition à une Europe libérale. Un second tour interne au PS risquait d'attiser les divisions, alors que les socialistes ont au contraire souligné la nécessité de se rassembler au plus vite à moins de six mois de la présidentielle d'avril-mai.

La droite
L'UMP, le parti de droite au pouvoir, choisira son candidat lors d'un congrès le 14 janvier qui devrait plébisciter Nicolas Sarkozy. Mais le premier ministre Dominique de Villepin et la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie n'ont pas exclu de se présenter en dehors de leur parti. Et, après 12 ans à la tête de l'Etat, le président Jacques Chirac n'a toujours pas exclu de se présenter pour un nouveau mandant même si les observateurs estiment cette hypothèse peu crédible.