http://www.monde-diplomatique.fr/2004/11/LATOUCHE/11652 ..Sans nul doute, pour mettre en œuvre ces politiques de « décroissance », faut-il en préalable, au Sud comme au Nord, une véritable cure de désintoxication collective. La croissance, en effet, a été à la fois un virus pervers et une drogue. Comme l'écrit encore Majid Rahnema :
« Pour s'infiltrer dans les espaces vernaculaires, le premier Homo œconomicus
avait adopté deux méthodes qui ne sont pas sans rappeler, l'une, l'action du rétrovirus VIH, et l'autre, les moyens employés par les trafiquants de drogue (
11).
» Il s'agit de la destruction des défenses immunitaires et de la création de nouveaux besoins. La rupture des chaînes de la drogue sera d'autant plus difficile qu'il est de l'intérêt des trafiquants (en l'espèce la nébuleuse des firmes transnationales) de nous maintenir dans l'esclavage. Toutefois, il y a toutes les chances pour que nous y soyons incités par le choc salutaire de la nécessité.